Nos objectifs

Créée en 2013, l’Association des Journalistes Lesbiennes, Gay, Bi-e-s, Trans (AJL) œuvre pour un meilleur traitement des questions LGBT dans les médias. Elle regroupe des journalistes issu-e-s de nombreuses rédactions (web, presse écrite, radio, télé, agence…) et réalise différents types d’action: production d’études, réalisation de « kits de bonnes pratiques » à destination des professionnels, veille médiatique, formation dans les écoles de journalisme, conférences…

Pourquoi une association de journalistes LGBT?

Aux Etats-Unis, une association de journalistes gays et lesbiennes existe depuis 1990. Les centaines de membres de la National Lesbian and Gay Journalists Association (NLGJA) se donnent pour mission d’«améliorer la couverture médiatique des questions LGBT». Idem en Allemagne (BLSJ) et dans plusieurs autres pays. En France, une telle structure n’existait pas.

Le traitement médiatique du projet de loi sur le mariage a changé la donne. Propos caricaturaux publiés sous la plume de confrères et consœurs dans leurs éditoriaux, espace et temps disproportionnés accordés à des opposants à la loi explicitement homophobes sur les antennes télé ou dans les pages de magazines, etc.: sous couvert de vouloir garantir un traitement «équilibré» du sujet, certains médias ont laissé l’homophobie emplir l’espace public.

L’AJL, créée en 2013, a pour buts:

  • d’améliorer le traitement par les médias des questions LGBT, et/ou liées à l’identité de genre et l’orientation sexuelle, au genre, aux discriminations subies par les LGBT liées au sexe et au genre
  • d’opérer une veille sur le traitement de ces sujets par les rédactions
  • de les aider à traiter ces questions par des actions de sensibilisation, pédagogiques, et des interventions médiatiques
  • de contribuer à la visibilité des personnes LGBT dans l’espace public
  • d’aider les journalistes qui rencontreraient des discriminations liées leur identité de genre, leur orientation sexuelle, leur genre, au sein ou hors de leur rédaction.

Une association ouverte à toutes et tous?

L’association des journalistes LGBT est évidemment ouverte à toutes et à tous les professionnel-le-s des médias… hétéros compris! A condition de partager les objectifs de l’association.

Peuvent adhérer: les journalistes professionnels, les personnes exerçant une activité journalistique dans le cadre de structures militantes, les personnes travaillant dans la production d’informations. Le bureau a la possibilité d’accepter des adhésions qui, sans répondre à ces critères, participent à la vitalité et au rayonnement de l’association. Pour nous rejoindre: contact@ajlgbt.info ou notre page contact.

Journalistes ou militants?

En France, la culture et le droit protègent plus qu’ailleurs la vie privée. C’est heureux mais dans le cas de l’homosexualité, cela contribue souvent à la taire. De nombreux journalistes s’autocensurent ou sont embarrassés pour traiter les sujets LGBT. Pourtant, connaître son sujet n’a jamais été une tare! Quant à la sacro-sainte « objectivité » longtemps brandie par certains journalistes, elle n’a tout simplement jamais existé! Tout le monde parle de quelque part. Il suffit d’en avoir conscience, et de faire son métier avec honnêteté.

Par ailleurs, très peu de responsables publics (élus, artistes, patrons, personnalités LGBT du monde des médias) évoquent publiquement leur homosexualité. Or se dire homo, juste le dire, c’est montrer à la société ce que nous sommes réellement, dans notre diversité. C’est aussi offrir aux plus jeunes d’entre nous, aux plus fragiles, à celles et ceux qui vivent dans des milieux pas ou peu tolérants, des points d’accroche pour se construire et avancer.

Par ailleurs, l’association est indépendante de tout média, parti politique, association ou syndicat.

Quelle légitimité ?

Certains vont évidemment nous faire le procès du communautarisme. Ou voir en nous l’expression de ce fameux «lobby gay» qu’ils fantasment à longueur de journée. Nous n’en avons cure. Nous sommes des journalistes professionnels décidés à contribuer à améliorer le traitement des sujets LGBT par les rédactions. Il ne s’agit pas faire le procès des médias, encore moins de devenir des sortes de censeurs LGBT faisant la leçon à nos confrères et consœurs. Mais de les aider à traiter ces questions souvent méconnues et d’intervenir ou d’alerter quand nous le jugerons nécessaire.