VIH/sida, comment en parler?

Où est le problème?

Si aujourd’hui, l’infection à VIH n’est heureusement plus considérée comme une «maladie de pédé», la communauté homo a payé et continue de payer un lourd tribut à l’épidémie. En France, plus de 2 600 gays ont découvert leur séropositivité en 2012. A Paris, selon l’étude Prévagay, 18 % des personnes homos fréquentant les lieux de convivialité vivent avec le VIH (soit près de 1 sur 5).

Le vocabulaire de base

VIH ou sida? On parle de personnes séropositives ou mieux, de personnes vivant avec le VIH. Être séropositif-ve n’est pas « avoir le sida », les deux mots ne sont pas interchangeables. Le VIH est le virus de l’immunodéficience humaine. Le sida, le syndrome de l’immunodéficience acquise — sans majuscules —, est le dernier stade de l’infection par le VIH. Il se définit par l’apparition d’au moins une maladie opportuniste. Les expressions «virus du sida» ou «virus du VIH» sont incorrectes.

Un «couple sérodifférent» (préféré à sérodiscordant) est constitué d’une personne séronégative et d’une personne séropositive.

La sérophobie est une manifestation de peur et d’aversion de certain-ne-s individu-e-s à l’égard des personnes vivant avec le VIH. Comme l’homophobie, elle se manifeste par des actes d’exclusion ou de discrimination, explicites ou implicites.

Attention, pente glissante!

«C’est un-e sidéen-ne»
Si la maladie est déclarée et en contexte médical, on parle alors de malades du sida,
et pas de sidéen-ne-s. «Sidaïque» est un terme forgé par l’extrême droite française pour stigmatiser les personnes vivant avec le VIH. A proscrire.

«La maladie des gays»
Les homosexuels masculins et les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes représentent une population exposée, et non un «groupe à risque», une formulation qui alimente la stigmatisation de certaines populations. Aucun groupe n’est à risque par essence.

«Une punition»
Le VIH n’est ni une punition, ni une arme. Les personnes séropositives ne sont pas des dangers publics. Ce n’est pas, comme on a pu l’entendre dans un documentaire sur Freddy Mercury, «le résultat d’une vie d’excès». C’est une maladie. La culpabilisation, les jugements de valeur sont à proscrire ; Ils ne font que renforcer la difficulté de vivre avec le virus et restent sans effet sur la prévention.

La «fin du sida»
Les effets d’annonces, les gros titres proclamant «la fin du sida», sont mensongers et contre-productifs. Plus de 34 millions de personnes vivent avec la maladie et valent mieux qu’un titre rapide qui leur donnera un espoir illusoire, sans parler des conséquences sur la prévention chez les lecteur-trice-s les moins informé-e-s.

Maladie devenue presque « chronique » dans l’hémisphère Nord, elle reste l’une des principales causes de mortalité dans les pays en voie de développement.

Pour aller plus loin…

Une stigmatisation profonde reste attachée à la séropositivité, entravant la lutte contre l’épidémie. Le rôle des journalistes est de s’assurer qu’ils-elles ne participent pas à la propagation de ces idées reçues. Ainsi, quand une personne séropositive souhaite garder l’anonymat, respectons sa demande : certain-e-s séropositif-ve-s ont perdu leur emploi parce que leur statut sérologique avait été révélé.

Oui, le sujet reste grave. Mais nous ne sommes plus à la fin des années 80. Il y a d’autres traitements possibles que le misérabilisme ou la victimisation, que ce soit dans les angles, la titraille, le choix des mots (vocabulaire de la peur, du danger, etc.)

(Source : Sidaction.org)

1 Comment

  1. Pour continuer dans ce sens :
    -> « population à risques » à éviter car ce ne sont pas les populations qui sont à risques, mais les pratiques (sexuelles ou autres) qui transmettent le virus et sont donc plus ou moins à risques de transmission.
    -> Pour parler des populations, parlons plutôt de « population plus exposées » ou « population particulièrement concernées » par/au virus/VIH.

    Merci beaucoup pour votre kit, c’est super !
    Stephen Karon

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