Pourquoi les médias ont-ils si peur de parler d’homophobie?

Le 1er juillet, à la veille de la Marche des fiertés parisienne, le journal Libération a publié une tribune de notre association. Nous en reproduisons ici le contenu.

 

Il y a trois semaines, la fusillade homophobe d’Orlando, qui a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gay de Floride, fut la tuerie de masse la plus meurtrière qu’aient jamais connue les Etats-Unis. Elle fut aussi révélatrice de l’incapacité en France à écrire et à prononcer le terme «homophobe». A l’approche de la marche parisienne des fiertés LGBT (lesbiennes, gay, bi, trans), qui se tiendra samedi 2 juillet, l’Association des journalistes LGBT (AJL) rappelle aux médias la nécessité d’utiliser les bons mots.

A l’annonce de la tuerie américaine, très peu de médias français ont souligné le caractère homophobe de l’attaque. «Nuit d’horreur en Floride» (le Parisien), «Orlando, nouvelle plaie béante» (Libération), «la Terreur et la Haine» (le Figaro)… Pourquoi occulter le fait que la discothèque où a eu lieu la fusillade était un lieu communautaire, connu de toute la population LGBT d’Orlando ? Pourquoi nier que les victimes ont été tuées ou blessées parce qu’elles appartenaient à cette communauté ou qu’elles fréquentaient spécifiquement ce club?

«Le tueur a peut-être choisi cette discothèque par hasard», nous a-t-on dit, «attendons la revendication». Comme s’il revenait aux assassins de qualifier leurs crimes, et à la presse de reprendre bêtement leur «communication». Or, ce sont les victimes qui donnent leur sens aux crimes. La fusillade d’Orlando était homophobe, point. Elle était aussi raciste, pourquoi l’occulter ? La majorité des victimes appartient à la communauté latino. Que la tuerie ait été perpétrée au nom du groupe Etat islamique ou pas n’y change rien. Que le tueur ait lui-même pu entretenir des relations homosexuelles non plus.

En réalité, ce n’est pas la première fois que les journalistes français ont du mal à qualifier les crimes de haine, qui ciblent des catégories de personnes pour ce qu’elles sont. Peur panique de tomber dans un supposé «communautarisme», impression de trahir leur pseudo-objectivité… les raisons sont identifiées, et toutes dommageables. «Ignorer le caractère antisémite de Merah et de ses possibles complices, c’est se borner à ne rien comprendre aux assassinats commis à Toulouse le 19 mars», expliquait, en 2012, l’avocat de la famille de l’enseignant juif tué par le terroriste avec ses deux enfants. Il en va de même avec les injures et les crimes homophobes. Malgré les atermoiements des médias, traiter son entraîneur de «fiotte», comme l’a fait en février le footballeur français Serge Aurier, c’est homophobe. Trop souvent, lorsque les journalistes ne peuvent pas s’appuyer sur la dénonciation d’une association ou sur «l’indignation des réseaux sociaux» – qui qualifient correctement, eux, l’insulte ou le crime – alors, ils se taisent. Comme s’ils ne disposaient pas eux-mêmes des outils d’analyse pour caractériser l’événement. Au mieux, ils usent de néologismes discutables. Le «racisme antihomosexuel», comme l’a qualifié le Monde après la tuerie d’Orlando, a un nom : il s’appelle «homophobie», tout comme le «racisme» antifemme (sexisme), le «racisme» antijuif (antisémitisme), ou le «racisme» antimusulman (islamophobie).

Utiliser les mots justes, cela revient à reconnaître entièrement les victimes et les identités qu’elles se sont appropriées pour dénoncer les violences subies par ces communautés. Les personnes qui participeront à la marche des fiertés LGBT, samedi 2 juillet, ne viendront pas uniquement pour faire la fête, mais aussi pour dénoncer les discriminations et les «LGBTphobies» toujours présentes, qu’elles soient étatiques – refus de la PMA pour les lesbiennes, absence de loi pour les personnes trans – ou individuelles. En 2015, l’association SOS Homophobie a encore recueilli plus de 1 300 témoignages sur sa ligne d’écoute. N’oublions pas cette réalité. Les journalistes sont là pour qualifier le réel, pas le nier.

Assassinat de Xulhaz Mannan, éditeur du seul magazine LGBT au Bangladesh

Photo Xulhaz Mannan © Arnaud Gastaut

Photo Xulhaz Mannan © Arnaud Gastaut

Nous avons appris avec tristesse et inquiétude aujourd’hui la mort de Xulhaz Mannan, 35 ans, éditeur de Roopbaan, le seul magazine LGBT du Bangladesh, assassiné avec son ami Tanay Mojumdar.

Xulhaz et son ami étaient chez lui lorsque des individus sont entrés et les ont tués sur le coup. La mère de Xulhaz ainsi qu’un employé étaient présents.

Arnaud Gastaut, photojournaliste qui avait réalisé avec Julie Lallouët-Geffroy un reportage sur la condition des LGBT au Bangladesh, l’avait rencontré en 2014. Il se souvient: «Il créait à l’époque le 1er magazine gay Bangla, je vivais alors au Bangladesh et, militant, j’ai voulu prendre part au projet. C’était quelqu’un de très sage, très accueillant, sa maison était ouverte à tous, il assumait pleinement sa vie et voulait justement au travers de Roopbaan casser les clichés tout en respectant la culture “difficile” qui était la sienne.» 

«Il m’avait dit qu’il était conscient, dans son combat, d’encourrir des risques, mais qu’il en assumait les conséquences et que si cela devait arriver, il serait fier de mourir ainsi», poursuit Arnaud Gastaut.

Dès le deuxième numéro de Roopbaan, l’équipe du magazine se savait menacée. Un article dans la presse donnait l’alerte, les rédacteurs de Roopbaan, assénait-il, auraient fait partie d’un complot international visant les mœurs islamiques, et le gouvernement les recherche pour les arrêter. Xulhaz, lui, a eu la chance d’avoir une famille tolérante, ce qui est impensable pour la plupart des LGBT bangladais. «Je n’ai qu’une vie et je refuse de la scinder en deux au nom des bonnes mœurs. Je suis tel que je suis et c’est tout», affirmait-il*.

Dans ce contexte très inquiétant pour la communauté LGBT et l’ensemble du Bangladesh, l’Association des journalistes LGBT (AJL) exprime ses pensées, sa solidarité et son soutien pour les LGBT et les journalistes du Bangladesh, et les proches des victimes.

* Dans TÊTU, janvier 2015.

Sources : Dhaka Tribune, The Independent, The Guardian

Les médias, l’homophobie, et les associations LGBTI: le cas exemplaire du mariage pour tous

L’Association des journalistes lesbiennes gays bi.e. et trans* (AJL) organisait ce jeudi 11 février une conférence-débat sur un grand moment médiatique récent: «Les médias, l’homophobie, et les associations LGBTI : le cas exemplaire du mariage pour tous», au Centre LGBT de Paris-Île-de-France.

1er décembre 2015, journée mondiale de lutte contre le VIH/sida: les mots justes pour en parler

La journée mondiale de lutte contre le VIH/sida est l’occasion de parler d’une épidémie qui touche environ 150 000 personnes en France. Le sujet est plus complexe et exposé aux approximations que jamais. Nous, journalistes, nous devons d’employer les bons termes, adaptés à la réalité de l’épidémie telle qu’elle est vécue en 2015.

Utiliser les mots justes, c’est refuser de participer à la dramatisation, à la stigmatisation, aux effets d’annonces. Le respect des personnes directement concernées, ainsi que notre rigueur professionnelle, demandent que nous prenions un instant pour réfléchir au vocabulaire employé.

– VIH ou sida?

Être séropositif-ve, vivre avec le VIH, ce n’est pas «avoir le sida». Les deux mots ne sont pas interchangeables. Le VIH est le virus de l’immunodéficience humaine. Le sida, le syndrome de l’immunodéficience acquise — sans majuscules —, est le dernier stade de l’infection par le VIH. Dans leur immense majorité, en 2015, les personnes vivant avec le VIH en France ne sont pas au stade de la maladie. Notons d’autre part que les expressions «virus du sida» ou «virus du VIH» sont incorrectes.

– Parler des nouveaux outils de prévention : l’exemple de la Prep

Aujourd’hui, la prévention de l’infection se diversifie et s’appuie sur l’efficacité des traitements antirétroviraux. Ainsi, Marisol Touraine a annoncé le 23 novembre dernier que la prescription du Truvada® serait autorisée dans le cadre de la Prep –pour prophylaxie pré-exposition– en décembre 2015 et prise en charge par l’assurance maladie à 100%, dès 2016.

• Contrairement à ce que certains médias ont affirmé, le Truvada® n’est pas un nouveau médicament. Il fait partie depuis 2006 de certaines multithérapies utilisées par les personnes séropositives au VIH pour contenir la réplication du virus et rester en bonne santé. Ce qui est récent, c’est que les deux molécules qui composent ce médicament viennent de faire leurs preuves dans une indication préventive.

• La Prep est un traitement préventif de l’infection au VIH et ne doit pas être confondu avec le traitement d’urgence (Traitement Post Exposition, TPE), qui est prescrit après une exposition éventuelle au virus.

• La Prep n’a pas pour vocation de remplacer le préservatif et ne sera prescrite qu’aux personnes très exposées au VIH, qui ne veulent pas ou ne peuvent pas utiliser des préservatifs pour se protéger.

L’AJL invite donc les journalistes à porter une attention toute particulière au traitement des innovations en matière de prévention, tout en veillant, comme pour les sujets LGBT et VIH habituels, à ne pas relayer les clichés qui pourraient entretenir la sérophobie.

– Plus d’informations

– Le kit créé par l’AJL contient des conseils sur la manière de parler correctement du VIH : (http://ajlgbt.info/informer-sans-discriminer/vihsida-comment-en-parler/)

– La Prep ou prophylaxie pré-exposition sur le site Vih.org: (http://vih.org/dossier/prep-prophylaxie-pre-exposition)

– Sida Info Service (http://sida-info-service.org)

Existrans 2015 : continuer à parler des réalités sociales des personnes trans et intersexes

Ce samedi 17 octobre a lieu à Paris la 19e édition de l’Existrans, la marche des personnes trans et intersexes et de leurs allié.e.s. Le départ est prévu à 14 heures, place Stalingrad (19e).

Cette année encore, l’Association des journalistes Lesbiennes, Gay, Bi, Trans (AJL) invite les rédactions à couvrir cet événement dont les enjeux sont plus que jamais d’actualité:

– Une nouvelle proposition de loi. Promesse –encore non tenue– de campagne de François Hollande, la loi facilitant le changement d’état-civil reste un serpent de mer de ce quinquennat. Après la proposition (PPL) Delaunay de 2013, le texte a été rangé dans les tiroirs. Mais des parlementaires PS viennent de déposer, fin septembre, une nouvelle proposition. Et son contenu, quasi-inchangé par rapport à la précédente mouture, est déjà décrié par des associations trans. Couvrir cette Existrans, c’est pouvoir informer et décrypter les problématiques de cette proposition de loi à minima, qui revient à l’agenda politique.

– Une urgence sociale. Actuellement conditionné à une stérilisation et à un parcours médical dégradant, le changement d’état-civil pour les personnes trans demeure chaotique et exténuant. En l’absence de texte législatif, l’obtention de papier correspondant à son identité de genre dépend du bon vouloir des juges et des juridictions. Cela maintient, encore en 2015, les personnes dans une précarité administrative très forte.

– La France est en retard. Par exemple, l’Argentine et le Danemark, mais aussi Malte, la Colombie, l’irlande et tout récemment la province du Québec se sont déjà dotés de lois ambitieuses pour le respect des personnes trans. La rectification de l’état-civil d’une personne trans sans condition médicale est par ailleurs une recommandation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe datant de 2010, reprise en 2013 par la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme). Et surtout, il n’existe aucun obstacle juridique à une telle réforme.

– Ça change des reportages sensationnalistes. En France, les personnes trans affrontent de nombreuses difficultés quotidiennes: précarité, agressions, forte vulnérabilité à l’épidémie de VIH, psychiatrisation, parcours du combattant pour entamer une transition dans les hôpitaux publics… Comme avec Caitlyn Jenner, dont la transition très médiatisée aux États-Unis a permis d’éclairer sur un sujet encore lourd de représentations, l’Existrans peut être l’occasion de parler d’une communauté invisibilisée et sujette aux discriminations. Et de donner la parole à celles et ceux qui affrontent les réalités des transidentités en France.

– C’est un sujet qui interroge le droit français. L’ «identité de genre», notion de droit international qui décrit « l’expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance » reste inconnue dans le droit français, qui s’en tient à la notion d’« identité sexuelle ».

Pour vous aider à employer les mots justes et à traiter au mieux ces thématiques, l’AJL a consacré un chapitre de son kit de conseils pratiques «Informer sans discriminer» au respect des personnes trans. N’hésitez pas à le consulter!

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Laurent Bonnat, 25 ans, est journaliste à La Provence à Marseille. A la veille de l’Existrans 2015, la 19e marche des personnes trans’ et intersexes, cet ancien de l’Ecole de journalisme et communication de Marseille (EJCM), passé par Rue 89 et La Marseillaise a accepté de partager auprès de l’AJL son opinion sur le traitement médiatique de la transidentité en France ainsi que son vécu de garçon trans’ au sein d’une rédaction locale«Je n’ai plus envie que les journalistes utilisent un vocabulaire qui ne corresponde pas à la personne qu’ils ont en face», témoigne notre jeune confrère. Interview.

Laurent Bonnat (La Provence) : « La couverture médiatique des questions trans’ reste trop sensationnelle »

Laurent Bonnat, 25 ans, est journaliste à La Provence à Marseille. A la veille de l’Existrans 2015, la 19ème marche des personnes trans’ et intersexes, cet ancien de l’Ecole de journalisme et communication de Marseille (EJCM), passé par Rue 89 et La Marseillaise a accepté de partager auprès de l’AJL son opinion sur le traitement médiatique de la transidentité en France ainsi que son vécu de garçon trans’ au sein d’une rédaction locale. « Je n’ai plus envie que les journalistes utilisent un vocabulaire qui ne corresponde pas à la personne qu’ils ont en face », témoigne notre jeune confrère. Interview.

AJL : Demain, pour la 19ème fois, les personnes trans’ et intersexes marcheront pour revendiquer leurs droits à Paris. Quels conseils donneriez vous aux journalistes pour bien couvrir l’événement ?

Laurent Bonnat : Un événement comme l’Existrans se traite de la même manière qu’un sujet classique. Il faut oser poser toutes les questions que l’on a à poser, et retranscrire de la façon la plus juste. Ce qui est parfois difficile à comprendre pour une personne non-trans. Je m’explique : les personnes trans’ ont parfois des difficultés à retranscrire ce qu’elles ressentent, elles utilisent des mots qui peuvent choquer ou emmener le « grand public » à dénigrer ou repousser la moindre information donnée. Pour moi, le plus important est de vulgariser ces propos, de faire le lien entre le ressenti mal exprimé et le lecteur/téléspectateur pour ramener le tout à un parcours de vie audible et compréhensible par tout le monde.

Pensez-vous qu’il y a eu des progrès réalisés dans la couverture des questions trans’ et de la transidentité en France ou que tout reste à faire ?

Le traitement médiatique de la question par des organes de presse spécialisés ou engagés (Yagg, Rue89, Arte pour ne pas les citer) est de mieux en mieux ficelé. En revanche, les médias plus traditionnels, qu’il s’agisse de la presse quotidienne régionale (PQR) ou des chaînes de télé les plus regardées, ont encore un long chemin à parcourir. Vulgariser le parcours d’une personne trans’ et propulser une personne trans’ au rang de citoyen lambda est ESSENTIEL. Je trouve vraiment dommage de traiter la question systématiquement dans des médias « faits pour ça », même si leur action est bien sûr indispensable. La presse quotidienne nationale (PQN) a fait des progrès dans le traitement de ces sujets-là, mais leur couverture médiatique reste trop sensationnelle. Pourquoi faire des dossiers de 15 pages ? Il suffit simplement de traiter le sujet en continu, de manière plus diffuse tout au long de l’année, plutôt que de mettre le paquet à un instant T avec des titres racoleurs. Justement, pour intégrer ces différences dans la société et les faire disparaître, il n’y a pas meilleure recette qu’un traitement léger et doux de la question.

Quels sont les types de remarques des journalistes, commentateurs, etc qui posent problèmes ? Cela concerne-t-il seulement la PQR ou également la PQN ? Quelles sont les questions que vous ne voudriez plus entendre ?

Je n’ai plus envie que les journalistes utilisent un vocabulaire qui ne corresponde pas à la personne qu’ils ont en face. Je suis trans’ FTM, soit né biologiquement fille et aujourd’hui homme. Je déteste que l’on utilise les mots « seins, règles, poitrine » ou pire pour le reste. Je n’ai pas envie de le lire, ça me pique les yeux [ndlr, il évoque ici une interview qu’il avait donné à L’Obs en février dernier]. D’autre part, si on s’adresse à quelqu’un comme moi, un homme donc, et que cette personne est en couple avec une nana, pourquoi lui demander si cette dernière est hétéro ? On ne demande pas à un homme si sa femme est hétéro, pourquoi le demanderait-on à un homme trans’ ? Même chose pour un trans’ FTM gay ou une trans’ MTF lesbienne, ces hommes et femmes peuvent être homosexuels sans avoir à subir la fameuse question : « mais pourquoi t’as changé alors ? ».

A La Provence, votre transidentité a-t-elle posé problème ? Quelle a été votre expérience au sein de la rédaction en tant que journaliste et garçon trans’? Les regards des confrères et consœurs ont-il changé ?

J’ai eu la chance d’arriver à La Provence à un moment avancé de mon parcours. Mon diplôme en poche, je n’avais plus à justifier quoi que ce soit, à part auprès du service du personnel où mon numéro de sécu posait encore problème. La plupart des collègues étaient au courant via un article écrit par un confrère de La Marseillaise, mais ils ne m’ont pas fait de retours particuliers. Je n’ai pas eu de question ou de regard mal placé, même si j’imagine (on ne peut pas plaire à tout le monde) que certains ont débrieffé entre eux, ou se sont confortés dans une certaine incompréhension. En tous cas, je n’ai pas vécu d’attaque frontale ou de réflexion en pleine figure. Ceux qui m’en ont parlé, eux,  étaient plutôt admiratifs mais nos échanges là-dessus ont été brefs. En fait, aujourd’hui, j’en parle très peu à la rédaction. Pas par crainte, mais simplement parce que personne n’en ressent le besoin ni l’utilité. Ni eux, ni moi. Je suis Laurent, et c’est tout.

En France, rares sont les personnes trans’ (du moins visibles) à accéder aux professions de presse et des médias. Comment l’expliquez-vous ?

Les contacts du milieu journalistique sont souvent tissés au fur et à mesure de nos études, et sont essentiels : chacun sait à quel point il est difficile de trouver une rédaction une fois diplômé via une candidature spontanée. Par conséquent, la période des études est souvent propice à la création des premiers liens avec le métier, les stages, les piges, etc. Mais cette période, malheureusement, correspond aussi à celle de la transition. Or, pour un métier qui se base sur l’image (pour l’audiovisuel en tous cas), la confiance en soi, l’aplomb et le contact humain, ce n’est pas forcément le bon moment. Pendant, une transition la société fait un peu peur (moins qu’avant, mais c’est pas encore ça) alors qu’on est justement dans une profession qui gravite au coeur de celle-ci. Par ailleurs, certains trans’ ont besoin de quitter leur foyer rapidement pour éviter les pressions familiales, ils se dirigent donc vers un boulot plus rapide à obtenir et sont obligés de négliger leurs études.

Quel message voudriez vous adresser aux jeunes trans’ qui souhaiteraient faire du journalisme ?

Je n’ai pas spécialement de message à adresser aux trans’ qui veulent faire du journalisme, pour moi ce sont des hommes et des femmes qui veulent faire du journalisme. Pour pouvoir accéder à cette profession avec ce parcours de vie, je n’aurai qu’un conseil : persévérer comme si le parcours n’existait pas. Aller vers les gens, ne pas se renfermer, parler, ne pas avoir honte de ses papiers ni de sa voix qui déraille un peu. De ce parcours, il faut en retirer la force et le courage d’aller au bout de ce qu’on est. Si on naît homme ou une femme, on fonce. Si on naît journaliste, on fonce.

Propos recueillis par Florian Bardou

Les «pulsions homosexuelles» de «Sept à Huit» : les mots ont un sens

«Comment vous vous débrouilliez justement avec vos pulsions homosexuelles et ce rapport très intime que vous aviez avec vos joueurs?»

Suite à la polémique déclenchée par son interview au mieux maladroite de l’ex-rugbyman professionnel Gareth Thomas, dimanche 6 septembre sur TF1, Thierry Demaizière a présenté ses excuses sur la page Facebook de l’émission «Sept à Huit». Il a reconnu que, dans la question citée, l’emploi du mot «désir» aurait été «sûrement plus approprié».

La question contribuait à véhiculer le cliché des gays avides de sexe, mus de «pulsions» difficilement contrôlables dès lors qu’ils seraient exposés à la nudité d’autres hommes. Elle s’autorisait également à renvoyer un homosexuel à sa sexualité sans apporter une seule information aux téléspectateurs-trices. Imagine-t-on Thierry Demaizière demandant à un entraîneur de natation sa manière de gérer ses «pulsions hétérosexuelles» à l’égard des nageuses qu’il coache dans la promiscuité des bassins?

Que le journaliste reconnaisse son erreur et ait pris conscience que cette expression puisse «choquer certaines sensibilités» est tout à son honneur. Les mots ont un sens et un poids. Il est de notre responsabilité, à nous journalistes, d’employer un vocabulaire pertinent et précis, évitant les clichés et les représentations biaisées.

TÊTU, Yagg : les médias LGBT en danger !

Début juin, le magazine gay TÊTU annonçait son redressement judiciaire, malgré les efforts consentis par la rédaction ces dernières années. Quelques jours plus tard, le site d’information Yagg.com lançait un appel à ses lecteurs pour continuer d’exister : malgré le lancement d’une campagne de pré-abonnements, la rédaction fait toujours face à de sévères problèmes de trésorerie.

L’Association des journalistes lesbiennes, gays, bis et trans (AJL), association professionnelle qui a pour but de contribuer à l’amélioration du traitement médiatique des questions LGBT, s’inquiète de la mauvaise santé des deux principaux médias LGBT français.

TÊTU et Yagg participent grandement à la couverture médiatique des questions concernant les communautés LGBT. Ils offrent à leurs lecteurs-trices un véritable espace de démocratie et de débats, notamment via leurs forums en ligne. Ils promeuvent un journalisme juste et respectueux des personnes LGBT, en veillant notamment à l’emploi des mots justes ou en évitant certains poncifs, comme lors du récent coming-out de Caitlyn Jenner. Ils font office de défricheurs, pour des sujets que l’on retrouve souvent plus tard dans la presse généraliste. Leur disparition entraînerait une dégradation de la couverture des thématiques LGBT.

TÊTU et Yagg sont également des relais essentiels pour les affaires de lesbo, gay, bi et transphobie. Ils sont une vitrine médiatique des discriminations liées à l’identité de genre ou à l’orientation sexuelle dans la société. Leur rôle est fondamental dans la prise de conscience de la société de la persistance des ces fléaux.

L’Association des journalistes lesbiennes, gays, bis et trans (AJL) apporte tout son soutien aux journalistes et équipes de Yagg et de TÊTU. Elle est solidaire des membres de ces deux rédactions, dont certain.e.s font également partie de l’AJL.

— S’abonner à Têtu : http://boutique-aboweb.com/tetu/www/product/index/id/1
— S’abonner à Yagg : http://yagg.com/abonnements/

«Call me Caitlyn», une revue de presse

Le 1er juin, Caitlyn Jenner faisait la Une de Vanity Fair, nouvelle étape d’un coming-out trans* très médiatisé pour celle qui s’est fait connaître par sa carrière sportive olympique et par son mariage avec Kris Jenner, mère de Kim Kardashian.

Marine Le Breton signe à ce sujet dans le Huffinton Post un papier très didactique qui rappelle cette règle facile, qu’aurait pu suivre tou.te.s nos consoeurs et confrères: «C’est pourtant simple, quand une personne annonce qu’elle se définit d’un genre, il suffit de le respecter et d’employer le pronom adéquat. Si Chelsea Manning demande d’être appelée Chelsea, il ne faut plus l’appeler Bradley.» (Comment parler des personnes trans?)

Têtu titre «Somptueuse en Une de « Vanity Fair », Caitlyn Jenner marque à nouveau l’Histoire» : «”Call me Caitlyn”, appelez-moi Caitlyn, affirme le beau-père de la star de télé-réalité Kim Kardashian, l’ancien athlète Bruce Jenner, qui a fait son coming-out trans à la télévision américaine il y a un mois. C’est la première fois qu’elle révèle le prénom féminin qu’elle s’est choisie, en gros titre sur la couverture du magazine. En body bustier de satin blanc, elle regarde droit dans l’objectif de la grande photographe de célébrités Annie Leibovitz.»

BuzzFeed, de son côté, propose un article signée Assma Maad, dont le chapeau est l’un des rares à parler de «l’ancienne championne olympique», rappelant que «beaucoup n’ont pas su utiliser le bon vocabulaire pour parler d’elle».

Effectivement, beaucoup de journalistes français.e.s se sont montré.e.s réticent.e.s à accéder à la demande de Jenner et à, tout simplement, l’appeler Caitlyn.

Ainsi, pour RTL, «Bruce Jenner devient Caitlyn et enflamme la toile en couverture de « Vanity Fair »». Melty s’attache également au prénom masculin de Caitlyn et se demande «Bruce Jenner devenu Caitlyn, comment Kylie et Kendall vont l’appeler?»

Slate se prend les pieds dans le tapis et titre son papier d’un «Les mille et une manières de faire son coming-out pour un trans’» assez maladroit dans le cas présent.

Dans le Nouvel Obs, Alice Pfeiffer pose des questions pertinentes sur la fluidité des question de genre dans Ni hommes, ni femmes : la culture post-genre contre les diktats des sexes; mais la journaliste nous perd quand elle choisit arbitrairement de rapprocher le coming-out d’une éventuelle démarche « queer » et de mentionner Caitlyn comme «un/e Bruce Jenner « femme »». Et de rappeler la soi-disant « théorie du genre », de parler d’«imitation» des codes féminins chez Andreja Pejic (en utilisant le prénom sous lequel la top model était connue auparavant) et plus généralement, de se mélanger les pinceaux en considérant que la transition de Caitlyn Jenner fait partie d’une démarche de « non choix », presque un effet de mode.

Thomas Durand, dans Gala.fr (Caytlin Jenner: la nouvelle bimbo du clan Karda­shian?), s’embrouille dans ses considérations philosophiques, ajoutant du sexisme à la transphobie : «En ce siècle grippé par le déter­mi­nisme et l’obs­cu­ran­tisme, il faut au contraire bien du courage pour assu­mer et vivre plei­ne­ment ses aspi­ra­tions profondes. Reste qu’à soixante-cinq ans, l’ex-médaillé olym­pique de décath­lon ne nous invite même plus à débattre sur la théo­rie du genre. Photo­gra­phié(e) tel(le) une pin-up par Annie Leibo­vitz, Bruce-Cayt­lin Jenner incarne un nouveau constat : on ne naît pas bimbo, on le devient.»

De son côté, Séverine Servat, toujours sur Gala.fr, ne fait pas mieux et se demande si les enfants de Kim Karda­shian appel­le­ront «leur grand-père «grand-ma»?» : «Autre­fois on avait des arbres généa­lo­giques, mais désor­mais, puisque la chirur­gie permet de chan­ger de sexe A lui/elle de trou­ver le nom par lesquels ses beaux petits-enfants (Bruce n’est pas le père de Kim – qui est décédé – mais son beau-père, cepen­dant il l’a élevée comme sa fille durant ses 22 ans de mariage avec sa mère) pour­ront l’ap­pe­ler.»

La palme de la transphobie est à réserver à MadameFigaro.fr : Au fil d’un portefolio nommé «la première photo de Bruce Jenner en femme enfin dévoilée», l’auteur égrène les réflexions transphobes et enchaîne les fautes de genre. De «Bruce Jenner, l’homme qui voulait être une femme» à «Un prédateur sans pitié», tous les poncifs trop souvent associés aux personnes trans sont repris pour faire du sujet une bonne blague. Caitlyn y est uniquement évoquée que comme Bruce, sous des pronoms masculins. Suite aux réactions fortement négatives provoquées par l’article sur les réseaux, la journaliste, qui a visiblement beaucoup de mal à comprendre pourquoi Jenner voudrait «devenir une femme», a modifié une des légendes qui affirmait qu’avant de rencontrer les Kardashian, Jenner était «un homme sain».

La page du Figaro Madame après modification.

A la radio publique aussi, Caitlyn s’est vue maltraitée. Le 2 juin, Bruno Duvic la mentionne dans sa Revue de Presse sur France Inter mais parle de «Bruce, un transgenre».

L’épisode «Paroles de trans» de l’émission A’Live de Pascale Clark du mardi 9 juin, toujours sur France Inter, est aussi un très «bon» mauvais exemple des problèmes de traitement des questions trans. (L’émission peut être réécoutée en ligne) Il a été beaucoup question justement de la façon de se comporter des médias, et les réponses de Pascale Clark illustrent parfaitement une certaine approche journalistique problématique : «Bah quoi, moi, je pose les questions que tout le monde se pose hein». On pourrait lui rétorquer que justement, en tant que journaliste, tu ne te poses pas les questions que tout le monde se pose, et que d’ailleurs, tu ne procéderais pas ainsi vis-à-vis d’autres sujets. Coline, qui intervenait pendant l’émission, en fait un compte-rendu catastrophique, avec humour, sur un post facebook : «oups c’est idiot, je pensais aller chez Pascale Clark, et je me suis trompée d’émission, je suis allée chez Evelyne Thomas.»

On le voit, le coming-out de Caitlyn aura donc perturbé nos collègues, et certain.e.s auraient probablement eu besoin de l’aide d’un robot au moment de rédiger leurs papiers, à l’instar du bot twitter anglophone mis en place par Caitlin Dewey, «she not he» (@she_not_he), qui relève et corrige l’utilisation du mauvais pronom.

Le fil Twitter @she_not_he.

Aux États-Unis, quand AP a tweeté un message avec le mauvais genre, qui a presque immédiatement été supprimé, l’association des journalistes LGBT américaine a d’ailleurs rappelé ses conseils de bonnes pratiques pour traiter les sujets concernant des personnes trans*. (Des conseils qui se rapprochent de ceux que l’AJL a formulés dans son kit.)

Enfin, Marie-Pierre Pruvot, alias Bambi, dans Caitlyn Jenner : trans, j’ai vécu dans l’anonymat. Le succès peut aussi nous nuire sur Le Plus, nous rappelle que toutes les personnes trans*, bien évidemment, ne recherchent pas la surexposition médiatique, mais que la visibilité médiatique peut être vecteur de progrès: «Si les coups médiatiques risquent de nuire à notre cause, la presse est indispensable à l’insertion progressive des personnes transsexuelles dans la société. En traitant régulièrement du sujet, elle les montrera telles qu’elles sont, rien de plus ni de moins que des citoyens ordinaires qui aspirent à ne pas être tenus à la marge, mais à être assimilés sans bruit par la société.»

L’auteure américaine et activiste trans* Janet Mock a publié une longue entrée sur son blog (Revealing Caitlyn Jenner: My Thoughts on Media, Privilege, Healthcare Access & Glamour), pour continuer la discussion autour du coming-out de Jenner et tente de dissocier le traitement médiatique et ce que les personnes trans* peuvent en attendre : «Faire de toute personne trans un symbole pour toute une communauté est une tâche injuste. Personne ne peut parler seul.e des réalités intersectionnelles, diverses et multidimensionnelles à travers lesquelles les personnes trans expérimentent le monde. Voilà pourquoi il est nécessaire de créer un espace pour la nuance et d’amplifier les voix de celles et ceux qui ne sont souvent pas entendu.e.s.»

En déclarant «I am Caitlyn», Jenner nous parle avant tout de son parcours, mais aussi de celles et ceux que nous refusons souvent d’entendre et interroge les médias sur leur traitement des questions liées aux personnes trans*.

Charte contre l’homophobie: près de 50 rédactions s’engagent

A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT), l’Association des Journalistes Lesbiennes, gays, bis et trans (AJL) a proposé aux rédactions françaises la signature d’une charte intitulée « Les médias contre l’homophobie » (texte ci-dessous). Ce texte de bonnes pratiques journalistiques a pour objectif de garantir une couverture médiatique de qualité des thématiques LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans), dans la droite lignée des chartes d’éthique qui encadrent déjà notre profession.

A ce jour (dimanche 17 mai), une cinquantaine de rédactions a ratifié la charte « Les médias contre l’homophobie », parmi lesquelles Le Monde, L’Equipe, Libération, Mediapart, Rue89, Slate, Society, So Foot, Têtu, Closer, Psychologies, Alternatives Economiques, Ouï FM, Radio Nova (liste complète ci-dessous)…

L’Association des Journalistes LGBT (AJL) se félicite de cette mobilisation inédite en France et appelle les autres rédactions à rejoindre le mouvement, afin de garantir à l’ensemble du public une information de qualité, qui reflète la société telle qu’elle est. Pour expliquer sa démarche, l’AJL a publié une tribune dans le journal Libération (également signataire), daté du vendredi 15 mai.

Liste des signataires: Le Monde, L’Equipe, Libération, Les Inrockuptibles, Slate, Mediapart, Rue89, Altermondes, Basta!, Society, So Foot, Doolittle, Pédale!, Radio Nova, Ouï FM, Radio FG, Yagg, Têtu, Well Well Well, Jeanne Magazine, Hétéroclite, Snatch, Stylist, NEON, Causette, Psychologies, Closer, Alternatives Economiques, AlterEcoPlus, Streetpress, Brain Magazine, MadmoiZelle.com, Les Nouvelles News, Konbini, Puremedias, Purepeople, Citizen Jazz, Voxeurop, Les Tambours, Yegg Magazine, Lemilie.org, error404.fr, 94.citoyens.com, Mother Shaker, Pressenza, Aficia.info, Pagtour.net, G One Radio, bellaciao.org, Manifesto XXI

Votre rédaction souhaite signer la charte? contact@ajlgbt.info

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CHARTE « LES MEDIAS CONTRE L’HOMOPHOBIE »

Nous, journalistes et professionnel-le-s des médias, sommes conscient-e-s du rôle que les médias peuvent jouer contre les discriminations. En cette Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, nous ratifions la charte d’éthique « Les médias contre l’homophobie », initiée par l’Association des Journalistes LGBT (Lesbiennes, Gays, Bis et Trans) et consacrée à la couverture juste et respectueuse des thématiques LGBT. Dans la droite lignée de la charte d’éthique professionnelle des journalistes adoptée en 1918 (amendée en 1938 et 2011), l’objectif est de garantir le droit de l’ensemble du public (LGBT compris) à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste.

Les rédactions signataires de cette charte en cinq principes s’engagent à:

1) Traiter de manière égale les homosexuel-les, les bisexuel-les et les hétérosexuel-les
C’est-à-dire, notamment: -Faire témoigner des personnes LGBT dans le cadre de sujets généralistes: société, économie, sports… -S’autoriser à mentionner l’orientation sexuelle d’une personne si celle-ci en a fait état: être homo n’est pas un secret honteux. -Aborder de la même manière la vie sentimentale et familiale des personnes LGBT et hétérosexuelles, ni plus ni moins.

2) Garantir un traitement juste et respectueux des personnes trans
C’est-à-dire, notamment: -Veiller à respecter le genre social des personnes trans (et non s’en tenir au genre légal), notamment dans l’utilisation des pronoms personnels. -Ne pas réduire la transidentité aux opérations chirurgicales de réassignation sexuelle. -Eviter les clichés, les blagues de mauvais goût et le sensationnalisme qui occultent la question des discriminations sociales des personnes trans, une communauté tenue au bas de l’échelle.

3) Rendre compte de la diversité des communautés LGBT
C’est-à-dire, notamment: -Donner la parole aux lesbiennes. -Varier les sujets d’enquête et de reportage. -Représenter dans les images toute la pluralité LGBT: genres, minorités visibles, âges, etc…

4) Respecter l’ensemble du public
C’est-à-dire, notamment: -Tenir compte de la diversité de son lectorat/audience -Ne pas présumer que les personnes interviewées sont hétérosexuelles -Prendre en considération les remarques des associations LGBT si elles estiment un contenu problématique.

5) Assurer l’égalité entre tou-te-s les collaborateurs-trices au sein de la rédaction
C’est-à-dire, notamment: -Permettre aux confrères et consœurs LGBT d’exprimer, si ils-elles le souhaitent, leur orientation sexuelle. -Ne pas empêcher les journalistes ouvertement homosexuel-les, bisexuel-les et trans de traiter les questions LGBT, mais ne pas les y cantonner non plus. -Mettre en œuvre des actions destinées à prévenir et sanctionner les discriminations envers les collaborateurs-trices LGBT.